Près de la moitié des jeunes adultes se sentent mal à l’aise dans les situations sociales sans assistant IA

Des spécialistes du comportement et des experts en intelligence artificielle mettent en garde contre la dépendance à l’IA et la perte des compétences sociales

Bruxelles, le 22 septembre 2026 - Nous confions à l’IA nos pensées les plus intimes : 61 % des Belges âgés de 18 à 40 ans utilisent l’IA pour des questions personnelles ou émotionnelles, telles que les choix de vie, les problèmes relationnels et les sentiments difficiles à exprimer. C’est ce que révèle une nouvelle étude commandée par Douwe Egberts sur le rôle de l’IA dans les relations humaines. Parmi les utilisateurs de l’IA à des fins personnelles, près de la moitié se sentent peu sûrs d’eux dans les situations sociales sans l’aide de l’IA. Les principales sources d’incertitude concernent notamment le fait d’engager une conversation difficile (47 %), d’exprimer ses sentiments (46 %) et de résoudre des conflits (46 %). Après une conversation personnelle avec l’IA, 44 % se sentent compris et 47 % déclarent que cet échange leur a été utile. En parallèle, le besoin de liens humains reste clairement présent : un Belge sur trois (32 %) se sent régulièrement seul et 41 % souhaitent nouer davantage de relations humaines significatives. Les experts du comportement désignent ce phénomène sociétal sous le nom de « paradoxe de l’empathie » : alors que le besoin de connexion humaine reste important, nous cherchons de plus en plus souvent du soutien, de la compréhension et des conseils auprès de l’IA plutôt qu’auprès d’autrui.

Rapport sur le paradoxe de l’empathie.pdf

PDF 639 KB

L’IA joue un rôle de plus en plus personnel. Parmi les Belges qui utilisent l’IA pour des questions personnelles ou émotionnelles (61 %), 83 % ont au moins parfois des conversations avec l’IA qu’ils auraient probablement eues avec un être humain autrement. Beaucoup de personnes utilisent également un assistant IA pour se préparer à échanger avec d’autres : 58 % y ont recours pour préparer une conversation difficile, par exemple pour trouver les mots justes ou s’entraîner à l’avance à exprimer ce qu’elles souhaitent dire.

« La réciprocité et les frictions qui donnent tout leur sens aux relations humaines sont absentes de l’IA »
Ces conversations personnelles avec l’IA apportent réellement quelque chose à de nombreux utilisateurs. Près de la moitié (47 %) déclarent qu’elles leur ont été utiles et 44 % se sont sentis compris. Mais cela ne signifie pas toujours que la conversation est « terminée » : 39 % souhaitent ensuite encore parler à quelqu’un d’autre.

Stijn Boermans, psychologue social : « L'IA devient de plus en plus performante pour simuler une forme d'empathie : reconnaître ce que vous voulez dire et y réagir de manière adaptée. On peut certainement y trouver du soutien. Mais ce sont précisément la réciprocité et les frictions qui rendent les relations humaines enrichissantes qui font défaut à l'IA. »

69 % ne veut pas être un poids pour les autres
L’étude montre pourquoi l’IA peut être particulièrement attrayante pour les sujets personnels. 69 % des Belges ne veulent pas être un poids pour les autres et, de même, 69 % préfèrent résoudre leurs problèmes personnels par eux-mêmes. 64 % pensent que les autres sont trop occupés, 59 % s’attendent à ne pas être compris et 59 % ont peur d’être jugés.

L’IA élimine bon nombre de ces barrières sociales. Geertrui Mieke De Ketelaere explique comment l’IA répond à certains de nos besoins humains : « Notre cerveau n’aime ni l’incertitude ni la complexité et cherche constamment à économiser de l’énergie mentale. L’IA répond parfaitement à ce besoin : elle élimine les barrières sociales, est toujours disponible et ne porte pas de jugement. Cela rend beaucoup plus facile le fait de se livrer. Mais si nous ne communiquons plus que sans friction, nous risquons de trouver de plus en plus difficiles à supporter les relations humaines ordinaires, dans lesquelles les autres ne sont parfois pas disponibles ou peuvent avoir une opinion différente. »
Kadeem (29 ans) aborde des sujets personnels avec l’IA et se reconnaît dans cette situation : « Après un infarctus cérébral, je ne connaissais personne de mon âge qui avait vécu la même chose. J’ai utilisé l’IA pour poser des questions et mieux comprendre ce à quoi j’étais confronté. Finalement, j’ai aussi rejoint un groupe de soutien composé de personnes ayant vécu une expérience similaire, mais j’ai parfois eu le sentiment que l’IA pouvait faire preuve de plus de compréhension que les personnes que j’y rencontrais. »

Les caractéristiques que les utilisateurs attribuent à l’IA jouent également un rôle. Ainsi, 37 % considèrent l’IA comme plus objective que les opinions des autres personnes et 35 % se sentent plus à l’aise pour parler avec une IA qu’avec une autre personne. Une personne sur trois estimes en outre que l’IA donne de bien meilleurs conseils. C’est précisément là que le paradoxe de l’empathie devient visible : l’IA offre un accès facile au soutien et à la compréhension, sans les barrières sociales qu’implique le contact humain. Il n’est pas nécessaire de craindre la réaction ou le jugement de l’autre. Mais le besoin d’une véritable connexion humaine demeure. Le fait que cette connexion ne soit pas toujours naturelle ressort également de l’étude : 45 % ont l’impression que les gens ne savent plus comment entrer en contact les uns avec les autres. Par ailleurs, 41 % déclarent ressentir davantage le besoin de relations humaines significatives.

Les jeunes manquent d’assurance sans l’IA
L’IA n’est pas seulement utilisée comme interlocuteur, mais aussi pour préparer les interactions humaines. 58 % l’utilisent pour se préparer à une conversation difficile et 62 % pour rédiger un message personnel. Par ailleurs, 56 % utilisent l’IA pour mieux exprimer leurs sentiments et 55 % pour s’entraîner avant d’aborder un sujet important avec quelqu’un.

Julia (29 ans) utilise régulièrement l’IA : « J’utilise vraiment l’IA à longueur de journée. Lorsque mes émotions prennent le dessus et que personne n’est disponible immédiatement, j’ai besoin de raconter ce que je ressens. L’IA est alors disponible tout de suite. Mais je remarque aussi qu’une fois que j’ai partagé quelque chose avec l’IA, j’ai moins tendance à en parler ensuite avec mes amis. »

Il est frappant de constater qu’une grande partie des utilisateurs se sentent moins sûrs d’eux sans cette aide. Parmi les utilisateurs de l’IA à des fins personnelles, 47 % se sentent peu sûrs d’eux lorsqu’il s’agit d’entamer une conversation difficile sans l’aide de l’IA. Pour exprimer leurs sentiments, résoudre un conflit, demander de l’aide ou renouer le contact avec quelqu’un, ils sont à chaque fois 46 % à se sentir moins sûrs d’eux sans IA.

Chez les utilisateurs les plus jeunes, cette insécurité sociale est encore plus marquée : les 18-24 ans se tournent nettement plus souvent vers les assistants IA comme soutien dans leurs interactions sociales et se sentent significativement moins sûrs d’eux dans leurs interactions humaines quotidiennes sans ce soutien numérique que les 25-40 ans.

Geertrui Mieke De Ketelaere, ingénieure et experte en IA, reconnaît l’utilité de l’IA comme outil d’information, mais met en garde contre la perte de nos compétences sociales et la dépendance qui peut en découler : « L’IA a déjà démontré, depuis plusieurs années et dans certains contextes, qu’elle pouvait avoir un impact positif sur les incertitudes, mais si nous cherchons immédiatement une réponse pour chaque situation sociale ou chaque question difficile, nous nous exerçons de moins en moins nous-mêmes à gérer cette incertitude. Les compétences sociales, comme mener un véritable dialogue, écouter, gérer les désaccords et faire preuve de patience, doivent justement continuer à être exercées. Si nous déléguons chaque interaction difficile à l’IA, nous ne deviendrons finalement pas moins incertains, mais au contraire plus dépendants du système pour faire disparaître cette incertitude. »
Sanne Cornelissen, psychologue comportementale et experte en IA, voit de nombreux aspects positifs dans l’utilisation de l’IA, mais met-elle aussi en garde contre la perte des compétences sociales : « L’IA peut aider à préparer une conversation difficile et permettre d’aborder la conversation avec davantage de confiance. Ce qui m’inquiète, c’est que nous finissions par penser que nous avons constamment besoin d’être rassurés avant d’oser dire quelque chose nous-mêmes. Un cercle vicieux peut alors se créer : incertitude, recours accru à l’IA, diminution des initiatives personnelles. En même temps, l’exercice de nos compétences sociales risque de disparaître progressivement, presque imperceptiblement. Les compétences sociales fonctionnent comme un muscle : elles ont besoin d’être utilisées, et cela implique parfois des moments inconfortables. »

Du prompt à la conversation
Pour sensibiliser au paradoxe de l'empathie, Douwe Egberts lancera à partir du 12 octobre une nouvelle campagne consacrée à ce thème. À travers cette campagne, la marque souhaite sensibiliser le public au rôle croissant de l’IA dans les conversations personnelles, et l'encourager à continuer de se rapprocher et à prendre du temps pour de véritables connexions humaines.

### Fin du communiqué de presse ###


À propos de l’étude
Source : Étude menée par l’institut de recherche Motivaction à la demande de Douwe Egberts sur le rôle de l’IA dans les conversations et les interactions sociales, la mesure dans laquelle l’IA est utilisée à des fins personnelles ou émotionnelles, et la manière dont les liens humains sont perçus. L’étude a été réalisée auprès de 1 512 Belges âgés de 18 à 40 ans, entre le 20 août et le 3 septembre 2026 (utilisateurs de l’IA à des fins personnelles : n=975).

À propos de Douwe Egberts
Fondée en 1753 à Joure, en Frise, Douwe Egberts est l'une des marques de café les plus appréciées et les plus connues de Belgique. Forte de plus de 250 ans d'expérience dans la sélection, la torréfaction et le conditionnement des meilleurs grains de café, Douwe Egberts est reconnue pour la richesse de ses arômes et la constance de sa qualité. Appartenant au groupe JDE Peet's (également maison mère de Jacqmotte, L'OR et SENSEO®), nous restons fidèles à notre riche histoire tout en poursuivant nos innovations.

Douwe Egberts propose une large gamme de produits, du café fraîchement moulu aux dosettes et capsules, adaptés à la maison comme au bureau. Nos produits sont disponibles en supermarchés, boutiques spécialisées, sites de vente en ligne et dans nos cafés Douwe Egberts.

Note à l’attention de la rédaction (ne pas publier)
Si vous souhaitez obtenir davantage d’informations pour la presse ou interviewer un expert, les personnes suivantes sont disponibles :

Geertrui Mieke De Ketelaere : ingénieure et promotrice d’une intelligence artificielle (IA) éthique, fiable et durable. Elle peut parler des risques liés à l’IA et de son impact sur la richesse des interactions humaines.

Oriana Servais : Marketing Manager Benelux chez JDE Peet’s.


Alexandra Goffart

Senior PR Manager, AKQA Brussels PR

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